Société Québécoise de Psychologie du Travail et des Organisations
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Le 10 février 2012 - Conférence de 13h30 à  16h30
Université du Québec en Outaouais, Pavillon Alexandre-Taché,
283, boul. Alexandre-Taché, Gatineau

La domination au travail Mme Romaine Malenfant, professeure, Département de Relations industrielles,
Université du Québec en Outaouais


Résumé de la présentation

Maints ouvrages ont traité des transformations qui ont touché le monde du travail au cours des dernières décennies. En touchant à la fois le processus et les outils de production et la composition de la main-d'oeuvre, ces transformations ont obligé de nouveaux arrangements institutionnels qu'il importe de mieux saisir en regard de leurs impacts sur les acteurs. Par exemple, la diversification des formes d'emploi consécutive à la flexibilisation des modes d'organisation du travail et l'externalisation du travail ont, dans leur mouvance, affecté le rapport au travail, le système des relations de travail, et enfin, les rapports sociaux de travail, dont les voies par lesquelles s'expriment la domination au travail. À cet égard, alors que certains auteurs maintiennent une conception totalisante de la domination au travail, d'autres centrent leurs analyses sur les situations quotidiennes auxquelles sont confrontés les travailleurs et qui révèlent la diversification des formes de domination et les < positions multiples de l'individu dominé > (Martuccelli, 2001). Ces perspectives mettent en cause le nouveau management qui exerce son emprise sur l'engagement au travail par l'adhésion aux valeurs de l'entreprise et l'intériorisation de ses contraintes. En effet, ce qui apparaît comme un consentement aux contraintes du travail serait renforcé par des modes de gestion qui jouent avec le désir d'autonomie pour responsabiliser l'individu face à ses capacités personnelles de relever les défis du travail (Bellemare et Malenfant, 2010). Mais dans ce cas peut-on encore parler de domination au travail?

Courte biographie

Romaine Malenfant est professeure au Département de Relations industrielles de l'Université du Québec en Outaouais. Elle a été chercheur-boursière du Fonds Société Culture (FQRSC) de 1999 a 2004. Elle détient un Ph.D. en sociologie de l'Université Laval et a poursuivi un postdoctorat à l'École des hautes Études en Sciences Sociales de Paris. Elle est membre de l'équipe de recherche sur les impacts psychologiques, organisationnels et sociaux du travail (RIPOST), du Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et de l'ARUC-Innovations, formation et protections sociales dans le travail et l'emploi (ULaval). Ses travaux portent sur les transformations du travail et les rapports sociaux de sexe, particulièrement la construction sociale du risque pour la santé en milieu de travail, sur l'autonomie et la responsabilisation au travail et sur la conciliation travail-famille.